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6- Déduction naturelle

I. Motivation

Pour montrer qu'une formule est une tautologie, on peut calculer sa table de vérité... mais elle a lignes pour variables : c'est un coût exponentiel. Et en mathématiques, on ne démontre pas un théorème en essayant toutes les valeurs possibles : on fait un raisonnement, en enchaînant des étapes simples.

La déduction naturelle formalise ces raisonnements : on se donne des règles, et une preuve est un assemblage de règles.

II. Séquents et règles

Définition : séquent

Un séquent est un couple noté , où est un ensemble fini de formules (les hypothèses) et une formule (la conclusion). On le lit " prouve ".

On écrit souvent pour , et quand il n'y a pas d'hypothèse.

Définition : règle d'inférence

Une règle d'inférence permet de déduire un séquent (la conclusion, en bas) à partir d'autres séquents (les prémisses, en haut) :

Une règle sans prémisse est un axiome.

La règle de base est l'axiome : on peut toujours conclure une de ses hypothèses.

III. Les règles de la déduction naturelle

Pour chaque connecteur, on a des règles d'introduction (pour prouver une formule qui a ce connecteur) et d'élimination (pour utiliser une hypothèse qui a ce connecteur).

a) Conjonction

Pour prouver " et ", on prouve les deux. Si on sait " et ", on sait chacune des deux.

b) Implication

Pour prouver "si alors ", on suppose et on prouve . La règle d'élimination est le modus ponens.

c) Disjonction

L'élimination de la disjonction est le raisonnement par cas : si on sait " ou ", et qu'on peut prouver dans les deux cas, alors on a .

d) Négation et absurde

On note l'absurde (une contradiction). La négation se comporte comme :

Enfin, le raisonnement par l'absurde :

IV. Arbres de preuve

Définition inductive : arbre de preuve

Un arbre de preuve (ou dérivation) d'un séquent est :

  • une règle sans prémisse (un axiome) de conclusion ;
  • ou une règle de conclusion , dont les prémisses ont chacune un arbre de preuve, placé au-dessus.

Un séquent est prouvable s'il a un arbre de preuve.

Exemple 1 : le modus ponens .

Exemple 2 : le syllogisme barbara . On note .

On lit la preuve de bas en haut : pour prouver , on suppose ; de et , on déduit ; de et , on déduit .

Exemple 3 : . On note .

V. Correction

Théorème : correction de la déduction naturelle

Si est prouvable, alors est une conséquence logique de : .

En particulier, si est prouvable, est une tautologie.

Idée de la preuve

Par induction sur l'arbre de preuve : on vérifie, pour chaque règle, que si les prémisses sont "vraies" (toute valuation qui satisfait leurs hypothèses satisfait leur conclusion), alors la conclusion l'est aussi. Par exemple, pour : si toute valuation qui satisfait satisfait et , alors elle satisfait .

La réciproque (la complétude : toute conséquence logique est prouvable) est vraie aussi, mais hors programme.

Exercices

Exercice 1

Donner un arbre de preuve de .

Exercice 2

Donner un arbre de preuve de .

Exercice 3

Donner un arbre de preuve de .

On raisonne par cas sur :